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S’arrêter pour un burn-out : entre la culpabilité et la responsabilité de prendre en main sa santé



Classiquement, lorsqu’au cours d’une activité quotidienne, nous nous sentons fatigués, nous nous accordons une pause, nous nous arrêtons. Lorsqu’au cours d’une activité physique intense, nous nous sentons perdre de la force et de la vigueur, nous nous octroyons un temps d’arrêt pour souffler et respirer. Nous nous offrons ce temps de pause, avec aucune culpabilité.

Paradoxalement, lorsqu’il s’agit du syndrome d’épuisement professionnel (SEP) ou burn-out, ce temps d’arrêt est souvent rejeté. Même si le médecin le prescrit, la réaction première pour beaucoup est de le refuser.


Le burn-out, en quelques mots


Pour rappel, lorsqu’on est en burn-out, cela signifie que notre organisme n’arrive plus à suivre. Au niveau corporel, se présentent une grande asthénie, des maux physiques de type tensions musculaires, des troubles digestifs, des troubles cardio-vasculaires, des troubles de l’alimentation et du sommeil. Au niveau émotionnel, une hypersensibilité se fait jour, accompagnée parfois de crises de larmes, une vulnérabilité exacerbée. Le cynisme peut s’installer, témoin d’un épuisement émotionnel au terme du processus du SEP. Quant à l’épuisement mental, il ne nous échappe pas, occasionnant ainsi une baisse de concentration, de trouble de la mémoire, engendrant à leur tour des risques d’erreurs. D’autres symptômes peuvent bien évidemment se manifester en raison de l’individualité de chacun. (Plus sur le burn-out)



Culpabilité ou responsabilité?


Alors qu’est-ce qui fait qu’on ne s’octroie pas de repos, de pause ?

Durant ma carrière en tant qu’infirmière en santé au travail, une de premières raisons qui m’a été souvent avancée se formule ainsi : « Si je m’arrête, ce n’est pas juste pour mes collègues. Elles / ils vont devoir prendre en charge mon travail et ils en ont déjà beaucoup de travail. On déborde de travail. Ce n’est pas juste. »


La culpabilité en est la raison première.


A cette culpabilité de s’arrêter, se rajoute une autre culpabilité non avouée le plus souvent, mais bien présente chez beaucoup : c’est celle de ne pas avoir été suffisamment « fort et performant » pour faire face aux exigences demandées dans son travail.

Or nous ne sommes que des êtres humains et non des robots - si nous pouvons le dire ainsi.


A mon sens, il y a confusion entre culpabilité et responsabilité lorsqu’on se trouve dans cet état « d’impossibilité » à accepter de s’arrêter.


La culpabilité est ressentie et reconnue dans une situation ayant causé un tort ou une faute à l’encontre d’autrui, lorsqu’on a transgressé une norme morale et sociale. Derrière la culpabilité peut se cacher la volonté de faire du mal à autrui.


La responsabilité est notre capacité à répondre de nos actes et d’en assumer toutes les conséquences ; les actes ayant une intention préalable dénuée de toute préméditation à faire du tort.


Alors je vous pose la question : sommes-nous coupables de nous arrêter et de nous préoccuper de notre santé ? Sommes-nous coupables d’avoir une santé qui a décliné en raison de notre travail, nous empêchant d’assurer notre métier ?

Nous poserions nous la culpabilité d’avoir une grippe « carabinée », d’avoir une infection nosocomiale, d’une dysenterie etc… ?

Ne nous poserions-nous pas plutôt la question de notre responsabilité pour limiter les risques et éviter autant que nous le pouvons ces maladies ?


Notre responsabilité: prendre notre santé en main


Dans le cadre d’un SEP, c’est pareil. Il est effectivement de notre responsabilité de prendre soin de notre santé lorsque celle-ci est déclinante. Il est de notre responsabilité de mettre les actions et les moyens à notre portée pour préserver notre santé.

Et cela passe notamment par s’octroyer un temps d’arrêt de travail, un temps dédié à sa santé. D’autant plus pour un épuisement qui met entre 12, 18 voire 24 mois pour s’installer, avec les conséquences que cela a sur nous et notre vie.


Notre responsabilité réside également dans notre capacité à faire des choix pour notre santé et à faire preuve de libre-arbitre face à l’environnement et les conditions qui nous sont présentées au niveau professionnel.


Le libre-arbitre est notre faculté à faire des choix, à agir, à penser en dehors de toute influence extérieure. C’est se positionner à partir de là où nous en sommes et de déterminer si les expériences de vie qui se présentent à nous sont celles que nous souhaitons vivre et embrasser ou non. Si celles-ci nous sont fondamentalement bénéfiques à tous les niveaux ou non.

Dans le cadre du burn-out, il s’agit ainsi de déterminer si nous souhaitons être exposés à une situation de travail qui est ce qu’elle est, et qui est un environnement délétère pour sa santé.

Loin de moi l’idée de dédouaner un employeur de sa responsabilité. Or, bien qu’il lui incombe l’obligation d’assurer la santé et la sécurité de ses collaborateurs et d’offrir les moyens et les conditions pour préserver leur santé au travail *, il nous revient aussi d’identifier les environnements et les conditions de travail qui sont favorables pour notre santé, de prendre les décisions qui s’imposent pour préserver cette dernière et d’agir en conséquence à notre niveau.


Alors cessons la culpabilité. Et redevenons acteur de notre santé, même si cela doit passer par un temps d’arrêt de travail – et ce, quelque soit sa durée.


Nous valons bien ça non !?


Tiana Razakazafy


* Code du travail: article L4121

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06 26 72 82 70 I 07 69 21 19 80

Saint Lieux les Lavaur, Occitanie

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